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Évariste Régis Huc, frequently called Abbé Huc (in French: Abbot Huc), was a French missionary to Tibet.

TextEdit

Travels in Tartary, Thibet, and China vol. 2 ch. 8Edit

French originalEdit

Travels in Tartary, Thibet, and China Chiru unicorn

Le quatrième jour depuis notre départ de Ghiamda, après avoir traversé sur la glace un grand lac, nous nous arrètâmes au poste d'Atdza, petit village dont les habitants cultivent quelques lambeaux de terre, dans une petite vallée entourée de montagnes dont la cime est couronnée de houx et de pins. L'Itinéraire chinois dit, au sujet du lac qu'on rencontre avant d'arriver à Atdza: «La licorne, animal très-curieux, se trouve dans le voisinage de ce lac, qui a quarante lis de longueur,»

La licorne, qu'on a longtemps regardée comme un être fabuleux, existe réellement dans le Thibet. On la trouve souvent représentée parmi les sculptures et les peintures des temples bouddhiques. En Chine même, on la voit souvent dans les paysages qui décorent les auberges des provinces septentrionales[1]. Les habitants d'Atdza parlaient de cet animal, sans y attacher une plus grande importance qu'aux autres espèces d'antilopes qui abondent dans leurs montagnes. Nous n'avons pas eu la bonne fortune d'apercevoir de licorne durant nos voyages dans la Haute-Asie. Mais tout ce qu'on nous en a dit, ne fait que confirmer les détails curieux que M. Klaproth a publiés sur ce sujet dans le nouveau Journal Asiatique. Nous avons pensé qu'il ne serait pas hors de propos de citer ici une note intéressante que cet orientaliste, d'une immense érudition, a ajoutée à la traduction de l'Itinéraire de Lou-Hoa-Tchou:

«La licorne du Thibet s'appelle, dans la langue de ce pays, sérou; en mongol, kéré; et en chinois, tou-kio-cheou, c'est-à-dire l'animal à une corne, ou kio-touan, corne droite. Les Mongols confondent quelquefois la licorne avec le rhinocéros, nommé en mantchou, bodi gourgou, et en sanscrit, khadga, en appelant ce dernier également kéré.»

La licorne se trouve mentionnée pour la première fois, chez les Chinois, dans un de leurs ouvrages qui traite de l'histoire des deux premiers siècles de notre ère. Il y est dit que le cheval sauvage, l'argali et le kio-touan sont des animaux étrangers à la Chine, qu'ils vivent dans la Tartarie, et qu'on se servait des cornes du dernier, pour faire les arcs appelés arcs de licorne.

Les historiens chinois, mahométans et mongols, rapportent unanimement la tradition suivante, relative à un fait qui eut lieu en 1224, quand Tchinggiskhan se préparait à aller attaquer l'lndoustan. «Ce conquérant ayant soumis le Thibet, dit l'histoire mongole, se mit en marehe pour pénétrer dans l'Enedkek (l'Inde). Comme il gravissait le mont Djadanaring, il vit venir à sa rencontre une bète fauve, de l'espèce appelée serou, qui n'a qu'une corne sur le sommet de la tête; cette bête se mit trois fois à genoux devant le monarque, comme pour lui témoigner son respect. Tout le monde étant étonné de cet événement, le monarque s'écria: L'empire de l'Indoustan est, à ce qu'on assure, le pays où naquirent les majestaeux Bouddhas et Boddhisatvas, ainsi que les puissants Bogdas, ou princes de l'antiquité; que peut donc signifier que cette bête privée de parole me salue comme un homme? Après ces paroles, il retourna dans sa patrie.»

Quoique ce fait soit fabuleux, il ne démontre pas moins l'existence d'un animal à une seule corne dans les hautes montagnes du Thibet. Il y a aussi, dans ce pays, des lieux qui tirent leur nom du grand nombre de ces animaux, qui y vivent par troupeaux, tels que le canton de Serou-Dziong, c'est-à-dire Village de la Rive des Licornes, situé dans la partie orientale de la province de Kham, vers la frontière de la Chine.

Un manuscrit thibétain, que feu le major Lattre a eu l'occasion d'examiner, appelle la licorne le tsopo à une corne. Une corne de cet animal fut envoyée à Calcutta; elle avait cinquante centimètres de longueur, et ouze centimètres de circonférence; depuis la racine, elle allait en diminuant, et se terminait en pointe. Elle était presque droite, noire, et un peu aplatie des deux côtés; elle avait quinze anneaux, mais ils n'étaient proéminents que d'un côté.

M. Hodgson, résident anglais dans le Népal, est enfin parvenu à se procurer une licorne, et a fixé indubitablement la question relative à l'existence de cette espèce d'antilope, appelée tchirou, dans le Thibet méridional qui confine au Népal. C'est le même mot que serou, prononcé autrement suivant les dialectes différents du nord et du midi.

La peau et la corne, envoyées à Calcutta par H. Hodgson, appartenaient à une licorne morte dans la ménagerie du Radjah du Népal. Elle avait été présentée à ce prince par le Lama de Digourtchi (Jikazze), qui l'aimait beaucoup. Les gens qui amenèrent l'animal au Népal, informèrent M. Hodgson que le tchirou se plaisait principalement dans la belle vallée ou plaine de Tingri, située dans la partie méridionale de la province thibétaine de Tsang, et qui est arrosée par l'Arroun. Pour se rendre du Népal dans cette vallée, on passe le défilé de Kouti ou Nialam. Les Népaliens appellent la vallée de l'Arroun Tingri-Meidam, de la ville de Tingri, qui s'y trouve sur la gauche de cette rivière; elle est remplie de couches de sel, autour desquelles les tchirous se rassemblent en troupeaux. On décrit ces animaux comme extrêmement farouches, quand ils sont dans l'état sauvage; ils ne se laissent approcher par personne, et s'enfuientau moindre bruit. Si on les attaque, ils résistent courageusement. Le mâle et la femelle ont en général la même apparence.

La forme du tchirou est gracieuse, comme celle de tous les autres antilopes; il a aussi les yeux incomparables des animaux de cette espèce. Sa couleur est rougeàtre, comme celle du faon, à la partie supérieure du corps, et blanche à l'inférieure. Ses caractères distinctifs sont: d'abord une corne noire, longue et pointue, ayant trois légères courbures, avec des anneaux circulaires vers la base; ces anneaux sont plus saillants sur le devant que sur le derrière de la corne; puis deux touffes de crin qui sortent du côté extérieur de chaque narine; beaucoup de soie entoure le nez et la bouche, et donne à la tête de l'animal une apparence lourde. Le poil du tchirou est dur, et paraît creux comme celui de tous les animaux qui habitent au pord de l'Himalaya, et que M. Hodgson a eu l'occasion d'examiner. Ce poil a environ cinq centimètres de longueur; il est si touffu, qu'il présente au toucher comme une masse solide. Au-dessous du poil, le corps du tchirou est couvert d'un duvet très-fin el doux, comme presque tous les quadrupèdes qui habitent les hautes régions des monts Himalaya, et spécialement comme les chèvres dites de Kachemir.

Le docteur Abel a proposé de donner au tchirou le nom systématique d'antilope Hodgsonii, d'après celui du savant qui a mis son existence hors de doute[2].


  1. Nous avons eu' longtemps entre les mains un petit traité mongol d'histoire naturelle, à l'usage des enfants, où l'on voyait une licorne représentée sur une des planches dont cet ouvrage classique était illustré
  2. L'antilope-licorne du Thibet est probablement l'oryx-capra des anciens. On le trouve encore dans les déserts de la haute-Nubie, où on le nomme ariel. La licorne, en hébreu réem et en grec monoceros, telle qu'elle est représentée dans la Bible et dans Pline le naturaliste, ne peut être identifiée avec l'oryx-capra. La licorne des livres saints parait être un pachyderme d'une force prodigieuse et d'une épouvantable férocité. Au rapport des voyageurs, elle existe dans l'Afrique centrale, et les Arabes lui donnent le nom de Aboukarn,

English translation (W. Hazlitt, 1898)Edit

On the fourth day of our departure from Ghiamda, after having crossed a great lake on the ice, we stopped at the station Atdza, a small village, the inhabitants of which cultivate a few acres of land, in a little valley encircled by mountains, the tops of which are covered with hollies and pines. The Chinese Itinerary says, on the subject of the lake you see before your arrival at Atdza, “The unicorn, a very curious animal, is found in the vicinity of this lake, which is 40 lis long.”

The unicorn, which has long been regarded as a fabulous creature, really exists in Thibet. You find it frequently represented in the sculptures and paintings of the Buddhic temples. Even in China, you often see it in the landscapes that ornament the inns of the northern provinces.[1] The inhabitants of Atdza spoke of it, without attaching to it any greater importance than to the other species of antelopes which abound in their mountains. We have not been fortunate enough to see the unicorn during our travels in Upper Asia. But all we were there told about it serves to confirm the curious details which Klaproth has published on this subject in the new Journal Asiatique. We think it not irrelevant to give here an interesting note which that learned orientalist has added to his translation of the “Itinerary of Lou-Hoa-Tchou.”

“The unicorn of Thibet is called, in the language of this country, serou; in Mongol, kere; and in Chinese, tou-kio-cheou: which means the one-horned animal, or kio-touan, the straight horn. The Mongols sometimes confound the unicorn with the rhinoceros, called in Mantchou, bodi-gourgou; and in Sanscrit, khadga; calling the latter also, kere.”

The unicorn is mentioned, for the first time, by the Chinese, in one of their works, which treats of the history of the first two ages of our era. It is there said that the wild horse, the argali, and the kio-touan, are animals foreign to China; that they belong to Tartary, and that they use the horns of the latter to make the bows called unicorn bows.

The Chinese, Mahometans, and Mongol historians agree in the following tradition, relative to a fact which took place in 1224, when Tchinggiskhan was preparing to attack Hindostan. “This conqueror having subdued Thibet,” says the Mongol history, “set out to penetrate into Enedkek (India.) As he was ascending Mount Djadanaring, he perceived a wild beast approaching him, of the species called serou, which has but one horn on the top of the head. This beast knelt thrice before the monarch, as if to show him respect. Every one being astonished at this event, the monarch exclaimed: ‘The Empire of Hindostan is, they say, the birth-place of the majestic Buddhas and the Buddhistavas, and also of the powerful Bogdas or princes of antiquity. What then can be the meaning of this dumb animal saluting me like a human being?’ Having thus spoke, he returned to his country.”

Although this circumstance is fabulous, it demonstrates, nevertheless, the existence of a one-horned animal on the upper mountains of Thibet. There are further, in this country, places deriving their name from the great number of these animals, which, in fact, live there in herds; for example, the district of Serou-Dziong, which means, the village of the land of unicorns, and which is situate in the eastern part of the province of Kham, towards the frontier of China.

A Thibetian manuscript, which the late Major Lattre had an opportunity of examining, calls the unicorn the one-horned tsopo. A horn of this animal was sent to Calcutta: it was fifty centimetres in length, and twelve centimetres in circumference from the root; it grew smaller and smaller, and terminated in a point. It was almost straight, black, and somewhat flat at the sides. It had fifteen rings, but they were only prominent on one side.

Mr. Hodgson, an English resident in Nepaul, has at length achieved the possession of a unicorn, and has put beyond doubt the question relative to the existence of this species of antelope, called tchirou, in Southern Thibet, which borders on Nepaul. It is the same word with serou, only pronounced differently, according to the varying dialects of the north and of the south.

The skin and the horn, sent to Calcutta by Mr. Hodgson, belonged to a unicorn that died in a menagerie of the Rajah of Nepaul. It had been presented to this prince by the Lama of Digourtchi (Jikazze), who was very fond of it. The persons who brought the animal to Nepaul informed Mr. Hodgson that the tchirou mostly frequented the beautiful valley or plain of Tingri, situated in the southern part of the Thibetian province of Tsang, and watered by the Arroun. To go from Nepaul to this valley, you pass the defile of Kouti or Nialam. The Nepaulese call the valley of Arroun Tingri-Meidam, from the town of Tingri, which stands there on the left bank of the river; it is full of salt-beds, round which the tchirous assemble in herds. They describe these animals as extremely fierce, when they are in their wild state; they do not let any one approach them, and flee at the least noise. If you attack them, they resist courageously. The male and the female have generally the same aspect.

The form of the tchirou is graceful, like that of all the other animals of the antelope tribe, and it has likewise the incomparable eyes of the animals of that species; its colour is reddish, like that of the fawn in the upper parts of the body, and white below. Its distinctive features are, first a black horn, long and pointed, with three slight curvatures, and circular annulations towards the base; these annulations are more prominent in front than behind; there are two tufts of hair which project from the exterior of each nostril, and much down round the nose and mouth, which gives the animal’s head a heavy appearance. The hair of the tchirou is rough, and seems hollow, like that of all the animals north of the Himalaya that Mr. Hodgson had the opportunity of examining. The hair is about five centimetres long, and so thick that it seems to the touch a solid mass. Beneath the hair, the body of the tchirou is covered with a very fine and delicate down, as are almost all the quadrupeds that inhabit the lofty regions of the Himalaya mountain, particularly the famous Cashmere goats.

Doctor Abel has proposed to give to the tchirou the systematic name of Antelope Hodgsonii after the name of the learned person who has placed its existence beyond a doubt.[2]


  1. We had for a long time a small Mongol treatise on natural history, for the use of children, in which a unicorn formed one of the pictorial illustrations.
  2. The unicorn antelope of Thibet is probably the oryx-capra of the ancients. It is still found in the deserts of Upper Nubia, where it is called Ariel. The unicorn (Hebrew, reem; Greek, monoceros), that is represented in the Bible, and in Pliny’s “Natural History,” cannot be identified with the oryx capra. The unicorn of holy writ would appear rather to be a pachydermous creature, of great strength and formidable ferocity. According to travellers, it still exists in Central Africa, and the Arabs call it Aboukarn.

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